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Capture-d’écran-2014-01-06-à-11.27.39Bonsoir à tous,

J’ai voulu m’exprimer une dernière fois sur ce blog pour vous dire ce qui en est et pourquoi cette page n’est pas active depuis la rentrée.

La raison est simple, je ne ressens plus le besoin de partager mes lectures. Je lis encore, peut-être moins, mais j’ai eu de très bonnes lectures depuis mais là, j’ai envie de garder cela en moi. C’est comme si l’envie de partager s’était envolé, je veux lire et beaucoup d’ailleurs. Mais le besoin de partager mon ressenti n’est pas là. La raison est sans doute dans la répétition ou dans le manque de confiance que j’ai sur mes chroniques. Certain(e)s font cela très bien mais, moi, j’ai l’air de forcer la main en voulant chronique un livre. Je ressens sans doute aussi fort des émotions contenues dans des récits mais je n’arrive pas, du moins c’est comme cela que je le ressent, à le faire passer sur mes chroniques. Au final, mes chroniques me paraissent comme fades. Je parlais de la répétition, c’est exact. J’ai chronique à peu près toutes mes lectures depuis deux, trois ans mais depuis un peu avant la rentrée, je prenais le plaisir de ne pas chronique et c’était déjà mauvais signe pour le blog. En effet, en prenant plaisir de refuser une chronique à un livre, j’en suis venu à me dire que je me forçait. Et je déteste me forcer à faire quelque chose.

Je voulais aussi vous parler d’autre chose. Je précise d’emblée qu’il n’y a rien de polémique dans ce que je veux dire. J’ai arrêté peu à peu de lire de la Young Adult. Je trouve que c’est une catégorie qui recouvre beaucoup de pépites et je continuerais peut-être à continuer quelques séries mais je ne ressens plus le besoin de sauter sur chaque nouveauté. Pourquoi ? Je ne sais pas, il me faut sans doute passer à autre chose, « grandir » en un sens, je ne sais pas. La Young Adult m’a fait découvrir le meilleur et le pire des livres mais j’en retiendrais le meilleur. J’ai changé sans doute, j’ai mué, si je puis dire. Je lis désormais encore de tout mais plus du contemporain et des essais. Je ne me sens pas supérieur en lisant ce genre de livre, c’était juste pour dire que c’est aussi une de mes raisons d’arrêter le blog. Ce changement de lecture me rends novice dans l’écriture de chronique, je ne sais pas m’y prendre à vrai dire.

C’est bien pour toutes ses raisons que j’ai arrêté de passer sur le blog depuis trois mois quasiment. Et à savoir si je me sens mal ou pire coupable, je dirais que non. Je sens que j’ai fait mon temps. J’ai partagé beaucoup de bonnes lectures sur ce blog et ce fut un plaisir de partager avec vous. J’ai eu de très bons retours et surtout ce blog m’a permis de rencontrer des gens fabuleux. La formule est désuète mais ce blog a été un merveilleux moment de ma vie. Et d’ailleurs, c’est un peu comme cela que je le considère, un moment de ma vie. Je n’ai plus l’envie (ni le temps d’ailleurs) de bloguer mais je flâne volontiers sur les blogs des autres.

Merci de m’avoir suivi et de m’avoir lu. Mais voilà, toute chose a une fin et la fin de ce blog arrive à grand pas.

P.S : En respect à la Collection R, je me dois de faire une chronique après lecture de deux livres, puis ensuite la page FB disparaitra pour qu’après le compte twitter s’endorme et le compte goodreads et autres avec. Et finalement, le blog restera mais en mode passif.

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Roman –  Milan

24 septembre 2014
16,90 € – 384 pages

Quatrième de couverture :

« Tout le monde l’ignore, mais notre monde abrite des sorciers. Des sorciers blancs, qui sont bons. Et des noirs, qui incarnent le Mal. Au milieu, il y a Nathan. Nathan, dont le père est le plus puissant des sorciers noirs. Et dont la mère, grande sorcière blanche, est maintenant morte. Nathan fait peur, car il est différent. Bon ? Mauvais ? Nul ne le sait. À tel point que le Conseil des sorciers lui enlève de plus en plus de libertés. Pour finir par l’enfermer et le torturer. Nathan sait qu’il doit s’échapper avant ses 17 ans. Car, à 17 ans, tous les sorciers reçoivent leur don à travers une cérémonie. Et le seul à pouvoir pratiquer cette cérémonie est Marcus, son père. Nathan parvient à s’échapper, mais le plus dur reste à faire : retrouver son père. Comment faire quand tout le monde vous traque, et que vous ne pouvez avoir confiance en personne – pas même en votre famille ou en la fille que vous aimez ? »

Mon avis :

J’attendais sans doute beaucoup de ce livre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il avait eu un énorme succès dans le monde anglophone. Je m’attendais alors à une sorte de magie, de sorcellerie certes mais qui aurait poussée ses thèmes jusqu’à leurs retranchements pour en ressortir quelque chose de sublime avec de la réflexion. Comme quoi, le succès aux librairies ne signifie rien.

Si je vous parle de tant de qualités du livre de mes attentes, c’est que celui-ci en est dénué. Malheureusement, je n’ai rien trouvé de subtil dans ce bouquin. Ni la trame, ni l’écriture, ni le tout n’avait quelque chose de subtil; l’histoire était plaisante mais elle avait l’air brut de décoffrage. Ça m’a aussi rappelé d’autres livres ou films sans pour autant apercevoir ce qui faisait l’originalité du livre. Voilà, le problème c’est qu’il ne se démarque d’aucune façon. Au contraire, l’auteur simplifie un peu tout et le peu d’intéret se perds dans une simplification dangereuse.

La seule qualité de ce livre est qu’il se lit rapidement et d’une bonne façon. C’est un plaisir éphémère puisque sur le moment, c’est agréable. On découvre l’histoire de Nathan et de son parcours vers ses dix-sept ans et de tout ce que cela représente. Je ne pourrais pas dire que je me suis ennuyé, ça serait injuste face à ce livre. Toutefois, une fois le livre terminé, rien n’est resté et c’est dommage. La seule chose qui me reste de cette lecture est une sorte de floue quant à l’histoire et au fait de savoir si je l’ai aimé ou non.

L’histoire n’a rien d’approfondi. On dirait que c’est une esquisse de ce que l’auteur aurait pu faire encore mieux. L’aspect brouillon de cette histoire est vraiment dommage. Les références à d’autres histoires sont trop grosses et on remarque tout de suite que l’originalité n’est pas le point fort de l’histoire. J’ai cru déceler des élements d’Harry Potter par exemple. Le tout fait un peu caricatural est c’est dommage. Le début a l’air d’une sorte de fantasy avec un personne qui doit aller faire son rite d’initiation par un membre de sa famille alors que le gouvernement fait tout pour l’en empencher. Je ne sais pas pourquoi, mais les fils de la trame me semble trop gros.

Je parlais ci-dessus de machiavélisme. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit puisque l’histoire a un cadre machiavélique crée par la société dans laquelle le personne évolue mais la réalité ne l’est pas. C’est certes un point positif puisque l’auteur ne s’est pas limitée aux gentils et aux méchants puisqu’elle les a mélangés. On a parfois l’écueil de l’inverse machiavélique, vous le verrez à la lecture.

Je suis donc déçu par le niveau moyen de ce livre dont rien ne ressort pas particulièrement du lot. Je ne suis pas pour autant dégouté de ce livre qui reste lisible et même d’une façon agréable. Je prendrais peut-etre la suite, il faut voir. Ce livre est en fin de compte normal, ni très bon ni très mauvais.

troubles-et-consequences_jean-francois-legrandRoman – BoD
6 juin 2014
11,00 € – 124 pages

Quatrième de couverture :

 

Adrien semble tout maîtriser : ses souvenirs, heureux et malheureux, et le bilan qu’il en dresse, comme frappé de lucidité. Il revient sur le démantèlement de son couple. Le trouble s’immisce sous le vernis d’une vie épanouie. Les premières fissures puis le fossé qui se creuse. Une faille en lui aux conséquences qui auront raison de tout. Très vite, le lecteur perd pied, pris dans les mailles de son récit. Qui est ce narrateur qui tout à la fois analyse ses dérives et se laisse submerger par son ressentiment et ses émotions ? La tension psychologique irrigue sans répit ce drame humain et tient en haleine jusqu’au brillant dénouement.

Mon avis :

C’est un court roman que nous présente là Jean-François Legrand. Un livre qui évoque la destruction d’une vie à travers le personnage d’Adrien et de sa famille. Il est court, original mais aussi intrigant par moment.

L’intrigue se trouve dans le mystère qu’entretient l’auteur au début du livre. On ne sait pas où l’on se trouve, seul les retours en arrière nous y aident, on vit dans le passé sans rien savoir du présent. Il y des allers et venue entre le passé et le présent pour qu’au final le passé rattrape le présent et qu’on comprenne enfin toute l’histoire. Jusqu’à ce dénouement, on s’interroge sur ce qui se passe, le pourquoi des choses et les flashbacks nous répondent peu à peu. C’est pourquoi je dirais que l’histoire est bien ficelé puisque tout semble se mettre peu à peu en place pour au final, avoir une image d’ensemble agréable.

Le sujet traité n’est pas commun, j’en entendais souvent parler à la télévision mais là, dans un roman, c’est beaucoup plus intéressant. On voit la perte de contrôle d’Adrien sur sa vie et sur la réalité, on se demande ce qu’il se passe. Peu à peu, on prends conscience du problème qui entoure Adrien et on saisit ainsi tous les enjeux du récit.

Le seul soucis avec ce livre a été l’écriture. Un léger problème qui m’a un peu titillé durant ma lecture. Ça n’empêche pas de lire mais étant pointilleux sur le style, je préfère l’évoquer plutôt que me taire. J’en ai parlé avec l’auteur, il soutient que c’est un choix stylistique afin de purifier l’écriture au maximum, c’est plausible à vrai dire.

Si vous voulez lire un petit livre qui saura vous intéresser tout en vous intriguant, ce livre est fait pour vous. Je vous le conseille bien évidemment. Du reste, ça me ferait plaisir de lire un autre livre de l’auteur pour voir tant sa progression que son sens de la narration au service d’un autre scénario.

cover_allegiantRoman –  Katherine Tegen Books
22 octobre 2013
6,56 $ – 544 pages

Quatrième de couverture :

What if your whole world was a lie?
What if a single revelation like a single choice changed everything?
What if love and loyalty made you do things you never expected?
The explosive conclusion to Veronica Roth’s #1 New York Times bestselling Divergent trilogy reveals the secrets of the dystopian world that has captivated millions of readers in Divergent and Insurgent.

Mon avis :

Je ne voulais pas le lire tout de suite, j’ai donc attendu longtemps après sa sortie pour l’acheter et ensuite le lire. Au final, je ne regrette pas cette décision qui m’a permis de mieux le savourer dans des conditions idéales. Je me sentais ainsi prêt à accueillir la fin de la série. Il faut, selon moi, se sentir prêt à terminer la série avant de l’entamer.

La première chose marquante de ce livre est sans aucun doute l’ambiance si particulière. Il y a une ambiance très différente des autres livres de la série qui fait l’originalité de ce dernier opus . On a une perspective, un recul plus approfondi. D’autant plus qu’on a accès aux pensées des deux personnages ce qui fait qu’on voit les choses d’une façon complètement nouvelle. J’ai trouvé cela très astucieux de mettre ses points de vue et j’aurais aimé avoir celui de Quatre dans les deux premiers tomes.

S’il me fallait décrire la fin que nous donne Veronica Roth, je dirais qu’elle était explosive. Je dirais que c’était la meilleure fin possible sans pour autant dire qu’elle m’a fait plaisir; vous l’aurez compris, ce n’est pas si simple. Je ne m’attendais pas à cette fin et cette fin m’a vraiment pris au dépourvu. Elle est émouvante (même très) mais je dirais surtout c’est triste et vraiment bien construite. Je ne sais pas comment vous le dire sans en dévoiler beaucoup. C’est une fin qui convient parfaitement à l’univers de DIVERGENT en fait.

Cet opus insiste, je trouve, beaucoup sur les sentiments et c’est tant mieux. Ils sont plus précis, plus exprimés sans doute et beaucoup plus présents. On ne cherche pas, comment je me souviens dans les autres tomes, le petit sentiment caché puisqu’ils sont là, exprimés à travers des dialogues et des gestes. Par ce coté, j’ai trouvé ce livre plus poussé et donc plus profond.

C’est une très belle série qui s’achève par ce livre. Une série qui, par son commencement, m’avait déjà ébloui et que j’avais lu en quelques jours. Et là, ce tome, j’ai pris plaisir à le faire languir. Au final, le même plaisir était là, j’ai adoré tant les personnages que l’histoire mais aussi les messages que l’auteur a essayé de nous transmettre. J’espère avoir l’occasion de la relire pour prendre plaisir de cette série qui est vraiment très bonne.

Je n’ai pas grand chose à dire de plus. Je dirais seulement que si vous n’avez pas lu cette série, il le faut impérativement. C’est une série dystopique qui mérite vraiment le détour. Je pense que beaucoup de mon ressenti vous gâcherait la surprise ou bien je ne pourrais vous l’exprimer, donc je termine ma chronique en vous le conseillant, sans plus.

Contrecoups_hdRoman – Michel Lafon
28 aout 2014
19,95 € – 352 pages

Quatrième de couverture :

Matthew a 19 ans, et c’est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu’il entend partout, tout le temps…

Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui « ressemble à un serpent ». Pour comprendre son passé et s’en libérer, Matthew dessine, écrit. Il raconte l’enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l’adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l’internement… Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l’hôpital psychiatrique, les soignants débordés, l’ennui abyssal… Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde.

Bouleversant, tourmenté, souvent drôle, Contrecoups est un roman tendre et courageux, porté par une voix absolument unique.

Mon avis :

C’est une sorte de journal intime qui nous raconte l’histoire de Matthew. Un journal intime qu’il ne considère pas toujours comme reflétant la réalité du fait de sa maladie. Un point de vue biaisé qui s’avère très intéressant puisqu’on voit comment il vit tout ce qui se passe.

L’écriture est différente, un peu simpliste par moment mais surtout intimiste. Il nous dit sans s’auto-censurer et ça nous rapproche très vite de l’histoire et du personnage en question. Je ne dirais pas que l’écriture est faite pour émouvoir, ce n’est pas le genre de Matthew à vrai dire. Toutefois, il y a des moments très forts où il retombe dans une naïveté qui lui fait écrire de très belles choses émouvantes. Ce sont des petites pépites disséminées à travers le livre qui le rendent encore plus bon.

L’histoire est celle d’un drame familial, du moins c’est comme ça qu’elle commence. On n’en sait pas plus pour l’instant. Ça a l’air intéressant mais sans plus, un livre de plus sur le deuil en sorte me suis-je dit. Mais l’histoire prends une tournure inattendue (si n’avez pas lu le résumé ou cette chronique, bien évidemment), il s’agit de la maladie de Matthew qu’on découvre sans la nommer au début. On apprends petit à petit ce qu’il vit, comment il vit et ce qu’il ressent avec cette maladie. Et, à vrai dire, c’est original et inattendu de suivre un jeune souffrant de schizophrénie. Sa vie et sa maladie s’entremêlent pour enfin aboutir à cette histoire originale qu’est celle de Matthew.

Par moment, Matthew divague. Il en a aussi conscience mais sans doute se laisse-t-il faire. Et ces moments de divagation, je les trouve beau, poétique et émouvant. Ils sont ces moments de remontée où il est conscient de tout et où il présente sa maladie, ses symptômes d’une façon unique. Il a aussi parfois une façon différente de présenter sa vie comme par exemple des répétitions des paragraphes, des copiés-collés… Matthew présente sa vie par des moyens différents.

C’est bien la première fois que je lis un livre sur quelqu’un souffrant de schizophrénie. J’entendais, jusque là, des gens en parler comme d’une maladie où l’on est plusieurs dans sa tête ou qu’on voie des hallucinations mais je n’en savais pas plus. Vivre cela à travers Matthew est troublant et passionnant. En apprendre plus sur les réactions, les façons dont il vit sa maladie. Je ne m’y connais pas du tout mais cela m’a semblé réaliste puisque l’auteur n’enjolive rien du tout ni les travers de sa maladie ni les problèmes avec le personnel psychiatrique qui le suit.

La fin se présente comme une bonne fin qui m’a globalement satisfait. J’ai trouvé qu’il n’y avait pas meilleur moyen de terminer ce livre que cette façon si originale et si personnelle. Elle rends hommage à toute l’histoire de Matthew et à ce qu’il est.

Un thème original mêlé à une histoire de deuil qui rends l’histoire en elle-même très émouvante. L’un des sujets se mêle à l’autre pour un rendu exceptionnel et tout cela à travers des mots intimes et bien choisis. Je n’en dis pas plus pour que vous découvriez Matthew et sa vie faite de maladie, de deuil et de regrets.

9782266217149Roman – Pocket Jeunesse
1 juin 201
17,30 € – 416 pages

Quatrième de couverture :

Tessa vient d’avoir 16 ans et se sait condamnée. Dans quelques semaines, elle mourra d’une leucémie. Partagée entre la révolte et l’angoisse, Tessa veut tout connaître de la vie avant de mourir, les interdits, la célébrité, l’amour… Aidée de sa meilleure amie, entourée par ses parents, Tessa se lance alors dans une course contre la montre, contre la mort, pour vivre !

Mon avis :

J’avais déjà lu l’autre livre de l’auteur que j’avais adoré. Et là, je me suis attelé à son autre livre avec une certaine appréhension puisque j’avais déjà lu de très mauvaises critiques. J’appréhendais quelque peu l’effet superficiel du personnage que beaucoup avaient soulignés. Au final, je me rends compte qu’il n’en était rien et que c’est le contraire, j’ai trouvé ce livre vraiment très intéressant.

Beaucoup avaient trouvés Tessa égoïste et antipathique, donc je m’inquiétais naturellement. Le verdict est le contraire. Certes, je comprends le raisonnement de ses détracteurs mais j’ai trouvé Tessa beaucoup plus réfléchi et intelligente qu’elle ne parait à première vue. Elle s’interroge sur sa mort, sur sa vie qu’il lui reste… et tout cela aboutit à des choses pas très bonnes sans doute mais elle ne fait pas cela bêtement.  Son histoire est émouvante et elle-même a clairement quelque chose de profondément humain. Certains, d’après les critiques, trouvaient qu’elle aurait pu se comporter d’une façon différente mais je ne suis pas d’accord. Il n’y a pas de bonne façon de vivre ses derniers jours.

Le livre a comme point important la liste de Tessa qu’elle doit terminer avant de mourir. Cela m’a parut futile au premier abord surtout en voyant ce qu’elle contenait, mais à bien y réfléchir et vu son âge, ce sont des choses essentielles. Que mettrais-je dans une telle liste ? À vrai dire, je ne sais pas, c’est une question très difficile et le fait que l’auteur nous suggère une telle liste ne m’a pas paru stupide. Ce qui est intéressant, c’est que l’histoire ne se borne pas à l’accomplissement bête et méchant des éléments de la liste avec une fin attendue. La réalité déborde sur la liste de Tessa d’une façon particulière ce qui donne un autre gout au livre.

Je ne dirais rien sur la fin. Je ne peux me permettre de vous faire un tel affront, je vous dirais juste ce que j’ai ressenti. C’était sans doute prévisible mais ce caractère n’a pas dénaturé cette fin qui a été exécuté avec brio.  Elle m’a naturellement ému mais je ne peux en dire davantage au risque de vous gâcher toute votre lecture.

L’émotion qui ressort de ce livre est vraiment très fort. Ce genre de livre est déjà naturellement émouvant mais là il y a une sorte de machine infernale qui se met en place sur laquelle on n’a aucune influence. On subit l’action et personnellement, on le vit mal avec le personnage. L’émotion est dans le caractère éminemment tragique de cette machine infernale. Ce n’est pas qu’une machine infernale évidemment, il y a des moments plus légers qui rayonnent dans le livre comme par exemple le personne de Cal. Mais le tout est émouvant, même très.

« Je veux vivre » – voilà le désir de Tessa qui sera un des plus compliqués de l’humanité sans doute surtout pour tout ceux qui ont le cancer et qui savent que ce voeu est compromis. Cette phrase même reflète bien Tessa et son caractère, Tessa et sa volonté… c’est donc l’histoire d’une fille qui voulait et qui le fit. Une histoire de volonté et de vécu qui émeut d’une manière très forte.

J’avais dit « une histoire triste » mais ce n’est pas juste de dire que ce n’est qu’une histoire triste. C’est bien plus que cela. Ce n’est pas seulement une histoire à pleurer, c’est bien plus que cela, c’est une histoire unique qui montre la pugnacité de la volonté de vivre face à tout qui vous en empêche. Bien vivre c’est vivre en sachant la fin.

Mise en page 1Roman – Éditions Dialogues
10 avril 2014
19,90 € – 284 pages

Quatrième de couverture :

Le monde actuel ? Dominé par une petite minorité qui concentre richesse et pouvoir, pendant que tant d’autres frôlent la misère.
L’égalité des chances à l’école ? Une illusion, sauf exception.
L’égalité devant la mort ? Quand on est pauvre on meurt plus tôt après avoir été malade plus souvent.
Les femmes enfin égales aux hommes ? On en est encore loin à la maison comme au travail, sans parler des harcèlements, des viols, de la prostitution.
Et l’on n’est généralement pas responsable de sa situation : on est homme ou femme, riche ou pauvre dès la naissance et le plus souvent pour toujours.
Liberté ? Fraternité ? Inégalités ! scande Jean Rohou dans cet essai aux allures de dénonciation. Jamais époque n’a bénéficié d’autant de confort, de connaissances, de liberté. Mais seulement pour ceux qui ont les moyens d’en profiter dans une société disqualifiée par une inégalité économique et culturelle qui s’aggrave : elle devient moralement scandaleuse et socialement dangereuse.

Mon avis :

J’avais choisi ce livre dans la sélection de la Masse critique de Babelio. Je les remercie de m’avoir sélectionné pour le lire. Je m’intéresse depuis peu aux inégalités et ce livre m’avait l’air en plein dans le sujet, donc je me suis rapidement mis à le lire. Finalement, je peux dire qu’il est bien avec toutefois quelques réserves.

La première chose qui m’a vraiment dérangé était le trop-plein de chiffres. C’était affreux à lire autant de chiffres, j’aurais largement préféré avoir des explications avec quelques chiffres-clés. L’auteur s’est enlisé dans son trop plein d’informations et j’ai trouvé ça dommage puisque ça n’a pas du tout facilité la lecture, au contraire. Il dit, dans la prologue, ne pas vouloir encombrer son essai de références universitaires, mais le fait est qu’il en a trop fait pour ce qui est des chiffres. Je m’attendais davantage à une interprétation des tendances globales.

Malgré les chiffres, j’ai trouvé que le livre expliquait bien les tendances des inégalités tout en essayant de déchiffrer les raisons de ces tendances. Cet aspect m’a plu et c’est sans doute celui-ci qui m’a permis de le lire dans son intégralité. Beaucoup de commentaires intéressés sur la situation mais aussi sur la politique qui est faite pour diminuer ses inégalités. La base même du livre est donc clairement réussi.

Ce livre est clairement orienté politiquement. Je ne considère pas cela comme un mal, bien au contraire, l’essai est censé reflété une réflexion personnelle donc forcément subjective. Ce parti pris n’est toutefois pas partisan ni sectaire, il s’agit au contraire d’une sorte de point de vue proposant des solutions. C’est du moins comme cela que je l’ai perçu.

Il y a un petit défaut que j’ai cru décelé au cours de ma lecture et qui m’a quelque peu dérangé. Il s’agit du manque de structure de l’essai, l’auteur semble aller dans tout les sens et ce n’est pas forcément facile à suivre. J’aurais préféré avoir un livre bien orienté sur les inégalités alors que là, ça semble un peu décousu. Je ne dis pas qu’il fait des hors-sujets, mais le sujets étant vaste, il s’y perds facilement.

J’ajouterai une dernière remarque sur ce qui doit être attendu du livre, du moins sur  moi comment j’ai pris ce livre. Il s’agit d’un essai qui traite de nombreuses choses diverses sous couvert des inégalités qui est bien trop global et de ce fait, il n’y a pas d’analyse très poussée. Il s’agit d’une sorte d’introduction pour ceux qui s’intéressent au sujet des inégalités en toute sorte puisque l’auteur définit bien plusieurs sortes de sous-thèmes sur cette thématique.

Voilà donc un livre qui se lit un peu difficilement mais qui contient toutefois de très bonnes idées et remarques. Si vous vous intéressez aux inégalités, ça serait un bon livre d’introduction qui ne va pas au fond des choses mais qui pointent de nombreux problèmes.

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